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02 mai 2019

Graine de mauvaise herbe

La gamme des herbicides est d’autant plus vaste qu’il existe de nombreux problèmes de mauvaises herbes. Les solutions seront alors différentes : anti-mousse, sélectif gazon, acide pélargonique et autres molécules. En regardant les ventes de produits phytopharmaceutiques, les herbicides représentent 41,4% des ventes (en tonnes de substances vendues pour le milieu agricole)1. Les mauvaises herbes sont donc un problème bien connu et géré depuis des années.

 

Mais pourquoi ces mauvaises herbes sont présentes ? Pourquoi poussent-t-elles ?

Elles s’appellent, véronique, géranium, liseron, pissenlit ou bien pâturin. Toutes ces plantes sont adaptées à l’Homme et à son mode de vie. Grime les a nommées « plantes rudérales ». Il les a décrites comme des plantes ayant une faculté à s’installer dans les zones de friches. Certains biologistes les nomment plantes pionnières pour leur capacité à s’installer en premier dans la succession écologique. Ces plantes ont toutes des caractéristiques semblables, une croissance rapide, des petites graines avec un moyen de dissémination couvrant un large territoire ; sans oublier le fait qu’elles soient héliophiles.

Les techniques culturales et la gestion des espaces vert actuelles visent à favoriser certains végétaux, les entourant ainsi d’un vide biologique : la terre à nu et bien ensoleillée. Ce vide biologique est un espace de choix pour ces plantes. Elles s’y installent donc.

Mais en fonction d’une vigne, d’un champ de pommes de terre ou d’un parterre de fleurs, les mauvaises herbes ne sont pas toutes les mêmes. En effet, celles-ci sont différentes en fonction des conditions environnementales (type de sol, exposition…) mais aussi de l’entretien qui y est fait.

La connaissance de ces préférences donne lieu à un type de diagnostic se nommant : bio indication.

La bio indication, pour être le plus juste possible, doit se baser sur les espèces à forte densité. On peut aussi se baser sur plusieurs espèces ayant des caractéristiques communes permettant d’établir un diagnostic.

Pour donner un exemple, une pelouse tondue très court va se retrouver rapidement envahie de plantes hémicryptophytes2 (plantes à rosettes ayant leurs bourgeons à la surface du sol). Ces plantes ne sont que très peu impactées par la tonte très courte contrairement aux plantes de gazon. On retrouvera donc une forte densité de pissenlits, pâquerettes, becs de cigogne, etc.

 

Les mauvaises herbes n’ont rien de « mauvais » elles sont en fait, simplement, indésirables. Et surtout liées à notre mode de vie.

On pourrait résumer la situation de cette manière :

La présence d’une plante dans une zone est en majorité due au hasard, le maintien d’une plante et sa colonisation est majoritairement due aux conditions environnementales et aux actions que l’Homme opère.

Et si, finalement, pour en finir avec les mauvaises herbes il fallait changer nos habitudes plutôt que de lutter en vain contre un ennemi qui n’est, en fait, qu’une conséquence ?

 

Très bientôt vous pourrez découvrir nos formations sur la flore adventice : reconnaissance et bio indication, à la FREDON Champagne Ardenne. En attendant vous pouvez toujours nous les commander en intra-entreprise.

1AGREST, 2016

2Julve, Ph., 2017 ff. – Baseflor. Index botanique, écologique et chronologique de la flore de France. Version : 09 février 2017. https//www.tela-botanica.org

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