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11 février 2019

Des espaces végétalisés en milieu urbain ? Une nécessité pour une réalité améliorée

Aujourd’hui, alors que nos collectivités n’allouent qu’1 % (1) de leur budget annuel à leur développement, les espaces végétalisés en milieu urbain sont pourtant l’objet de nombreuses convoitises et appraissent comme une des solutions les plus efficaces  aux maux de nos sociétés modernes…

 

Alors que le végétal et l’Homme sont intimement liés à l’histoire de nos sociétés, le végétal est encore souvent relégué au second  rang du développement urbain. Par l’apparition au XXème siècle de la voiture puis le besoin de densifier nos villes ou par soucis d’économies, nous l’avons mis de côté en artificialisant toujours plus. De nos jours de nombreuses études montrent pourtant que sa place est inéluctable à nos côtés pour tous les services écosystémiques qu’il nous procure notamment pour  lutter contre le réchauffement en cours de notre planète.

Economie, santé, environnement, alimentation, sociabilité et même respect du vivant, en quoi la végétation nous sert au quotidien ?

Sa valeur économique est trop souvent sous estimée, les infrastructures vertes sont peu nombreuses en proportion alors que la demande ne fait que croître : 6 français sur 10 préférant que leur municipalité investisse prioritairement dans les espaces végétalisés. Premier choix devant les crèches(1). De nouvelles activités économiques se mettent pourtant en place : agriculture urbaine, jardins partagés, parcours nature ou encore à travers la sylviothérapie une nouvelle tendance née au Japon.

C’est bien 8 français sur 10 qui souhaitent habiter à proximité d’un espace de nature urbaine (square, parcs, trames vertes et bleues…)(1). Une étude(1) montre qu’auprès d’eux nous nous sentons plus jeunes de 5 ans et augmentons inconsciemment notre activité physique par trois. Nos malades aux fenêtres ouvertes sur la nature guérissent mieux (le vert et le bleu apaisent et diminuent l’anxiété). Ils sont aussi vecteurs de mixité et lien social.

Outre les fonctions esthétiques et paysagères ils sont des repères indispensables de notre orientation dans un tissu urbain dense, définissant l’espace et valorisant ou occultant le bâti. Ils luttent là où nous autres sommes passifs permettant pour un seul hêtre de 25 mètres de haut et de 80 ans de retenir 5.4 tonnes de CO2 et 30 kg de particules fines par an soit l’émission annuelle de 800 appartements(1). Stabiliser nos sols en diminuant l’érosion et le risque d’inondation, purifier l’air et diminuer les températures, augmenter l’humidité atmosphérique tel des brumisateurs géants et gratuits, sont aussi des services rendus par la végétation… Elle est également un indispensable réservoir de biodiversité pour les oiseaux, les insectes mais également pour nos sols abritant des millions d’êtres vivants par cm3 de terre(2). Aujourd’hui l’espérance de vie d’un arbre en ville est réduite à 46.5 ans (en France) (2) souvent victimes d’un manque de considération et d’incivilités aussi bien par les citoyens que les jardiniers de nos villes. Alors qu’étant potentiellement immortels (certains arbres dépassent aujourd’hui les 10 000 ans)(3) ils nous sont des vecteurs de légendes, d’histoires et d’appartenance à nos sociétés.

Le végétal ce sont les arbres, les arbustes et les herbacées, allant du chêne majestueux au liseron tant dédaigné. C’est ce bien collectif en accès libre inestimable.

Alors comment changer notre regard sur ce monde méconnu qui nous donne tant sans contrepartie ? Peut-être tout simplement en commençant par accueillir la nature en ville… ainsi nous pouvons contribuer à atténuer notre impact et ancrer une nouvelle réalité améliorée.

 

« L’arbre en ville est porteur de messages. Tout d’abord en tant que symbole dans un paysage artificiel de  béton, d’asphalte, de verre et de métal. Ensuite par sa beauté née du contraste entre le vivant et l’inanimé. Mais il évoque également le silence dans un univers de bruit. Enfin, il devrait inspirer le respect de la vie. »

Théodore Monod (1902-2000)

 

Par Florent Marron, Conseiller en gestion durable JEVI, FREDON Champagne-Ardenne, janvier 2019.

(1) « Les espaces verts urbains : lieux de santé publique, vecteurs d’activité économique » Rapport Asterès pour le compte de l’UNEP-Mai 2016.

(2) « L’arbre en milieu urbain, conception et réalisation de plantations » Charles-Materne Gillig, Corinne Bourgery, Nicolas Amann – Infolio editions, 2008.

(3) https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/botanique-top-12-vegetaux-plus-ages-monde-57602/, consulté le 23/01/2019

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